« Des industries qui ont été quasiment ruinées…
les ventes de cassettes vidéo se sont effondrées ! »
Voici ce qui aurait pu être dit par un ministre de la Culture lors de l’adoption massive du DVD à la fin des années 90. Le ou la ministre en question aurait pu expliquer cette catastrophe par le fait que les utilisateurs copiaient les cassettes ou se les échangeaient. Mais non, c’est bien l’apparition d’un nouveau média qui a changé le marché.
Aujourd’hui, alors que notre ministre de la Culture annonce que, je cite, « [Il y a des] industries qui ont été quasiment ruinées [à cause du piratage] » et « La vente de DVD s’est effondrée de moitié [NDLR : toujours à cause du piratage] » sur le plateau du Grand Journal de Canal+, c’est bel et bien d’un changement du marché de la vidéo et de l’apparition d’un nouveau média dont il s’agit. En dehors de l’expression « effondrement de moitié » qu’on ne peut que trouver très étrange en regard des chiffres de vente de vidéos ces 15 dernières années (source sevn.fr), c’est bel et bien le refus de prendre en compte les besoins des consommateurs qui semble être la cause de tout cet alarmisme.
Je suis un consommateur de vidéos et de produits audio. De quoi ai-je besoin ? J’ai besoin de voir le film qui m’intéresse rapidement, sans passer par un support peu pratique. Je veux qu’il s’affiche via mon ordinateur, ma TV ou mon projecteur sans avoir à fouiller dans une étagère. Je veux pouvoir emporter ma vidéothèque avec moi pour les longs trajets en train. Je veux pouvoir voir un film qui m’a plu en salle il y a un mois. Je veux de l’interactivité. Je veux que tout ceci soit simple et ne m’oblige pas à utiliser une application ou un système que je n’aime pas.
Si j’étais malhonnête, aujourd’hui, il me serait plus simple et plus rapide de télécharger un film ou un album que d’attendre qu’il soit disponible sur un support devenu obsolète, difficile à gérer, pas versatile (sic) pour un sou et, il ne faut pas l’oublier, fragile. Mais, je ne le suis pas. Alors, j’attends gentiment que Watchmen « sorte » selon le bon vouloir de la Warner/Paramount, et ce, dans la version qu’ils voudront bien me laisser acheter. Lorsque j’aurai le précieux support en main, il faudra que je jongle avec les câbles et avec des utilitaires pour le voir sur mon ultra-portable ou mon N810… Pfffff ! Il faut vraiment aimer ces films pour supporter un tel décalage technologique. Pas étonnant que le support DVD voit sa fin de carrière se présenter à l’horizon sans que finalement son successeur, le Blu-Ray, ne propose de régler tout cela.
Ce que veut le consommateur audio et vidéo, c’est ce que nous vous présentons ici : gestion de musique, média centers, baladeurs, gestion des formats et, surtout, interactivité et ergonomie maximum avec des applications et des solutions en logiciel libre, sans restriction, pour un usage parfaitement légitime et respectueux, des droits d’auteurs. Est-ce difficile à entendre ? À comprendre ? Sans doute pas. Mais, se remettre en cause est plus difficile que de jeter la pierre à une minorité, techniquement compétente, qui télécharge.
Mesdames et messieurs de l’industrie du disque et du cinéma, lisez donc ce qui suit et comprenez ce que vos clients veulent consommer et acheter.
Denis Bodor