L’édito de Linux Pratique n°120 !

Lorsque l’on parle de modération en ligne, tout particulièrement sur les réseaux sociaux, on évoque bien souvent la neutralité, la liberté d’expression ou la censure et les problématiques liées à ces dernières, car finalement, comment des géants du Net peuvent-ils se placer réellement en juges de moralité et décider ce qui a le droit d’être exprimé ou non ? La question est épineuse au moment où je rédige ces lignes, le président américain s’étant alarmé de voir l’un de ses tweets modéré par la célèbre plateforme à l’oiseau bleu. Le débat est en réalité à double tranchant : avec d’un côté la volonté d’encourager les plateformes à mieux filtrer les contenus partagés pour limiter les fake news et lutter contre toutes formes de cyberharcèlement et propos généralement prohibés et de l’autre, la dénonciation du pouvoir grandissant des GAFA sur le contrôle de l’opinion en ligne.

Dans tous les cas, les médias sociaux ne peuvent pas être « non interventionnistes » comme ils aiment le clamer, ils se doivent d’appliquer un certain nombre de règles et de procédures pour traiter ce qu’ils considèrent comme étant des infractions et des préjudices. Résultat : la modération est généralement imparfaite, car elle suit des normes et des valeurs qui ne sont pas forcément propres à chacun : un nu peut être considéré comme une représentation artistique pour certains ou comme une image obscène pour d’autres…

On n’oublie bien souvent ce travail de l’ombre qui nécessite des ressources importantes. Malgré ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas uniquement des IA qui traitent les contenus problématiques, mais bien des personnes comme vous et moi qui ont cette responsabilité ou plutôt ce « fardeau » (ce court reportage de la série « Invisibles » de France TV vous donne un aperçu de cela : [1]). Mi-mai, on apprenait que Facebook allait devoir fournir un dédommagement record à ses modérateurs traumatisés : imaginez donc devoir passer vos journées à visionner des contenus violents/choquants en vue de les filtrer.

Indispensable et controversée c’est ainsi que l’on pourrait voir la modération aujourd’hui. C’est un sujet sensible, qui nécessite qu’on s’y attarde afin que notre liberté d’expression ne soit pas mise en pâture et que son traitement et ses causes ne fassent pas plus de victimes. Reposer sur des règles plus transparentes et compter sur la bienveillance des utilisateurs pourrait être une piste, un brin utopique sans doute 😉 Je vous laisse à cette réflexion et à la découverte d’un outil collaboratif incontournable pour la gestion de projets et vous souhaite un bel été !

[1] https://www.france.tv/slash/invisibles/saison-1/1274811-traumas-sans-moderation.html

Aline Hof


 Retrouvez Linux Pratique n°120 :